P comme Psychogénéalogie

J’ai eu le plaisir de pouvoir participer pour la première fois à une conférence autour de la généalogie. Rien à voir sur la recherche d’actes, la paléographie ou encore la vie de nos ancêtres sous Napoléon mais sur comment nos aïeux, bien que souvent disparus, arrivent à agir sur nos choix et notre vie.

J’ai donc eu le droit à une présentation de la psychogénéalogie par Danielle Nicouleau. Cet événement était organisé par ma mutuelle (Alptis) à Toulouse.

La psychogénéalogie

La psychogénéalogie s’appuie sur la psychologie et sur la généalogie. Jusqu’ici rien de sorcier me direz-vous ! Il s’agit d’une discipline, et non pas d’une science, qui a été initié par Anne Ancelin-Schützenberger (auteur de Aïe, mes aïeux !). L’outil principal de cette matière est l’arbre (principalement sur 4 générations). Mais contrairement à l’arbre généalogique tel que nous le connaissons où la racine est notre « de cujus », l’arbre en psychogénéalogie, lui est à l’envers car nos racines (celles de l’arbre) sont nos ancêtres. Nous sommes donc placé en haut de l’arbre, à la cime.

La psychogénéalogie s’articule autour de trois principaux axes :

  1. Répétition : cela peut être une date, un lieu, un prénom ou encore un endroit du corps (ex : Le lien entre le genou fragile et le fait que l’arrière-grand-père a été blessé au genou pendant la guerre)
  2. Projection : l’ancêtre envoi sur nous (ex : le père qui souhaite que son enfant réussisse là où il a échoué)
  3. Identification : il s’agit du fait de s’identifier à un ancêtre (ex : vouloir réussir professionnellement comme son oncle)

La répétition est souvent inconsciente tout comme la projection. Contrairement à l’identification qui est beaucoup plus forte au niveau du lien entre la personne et son ancêtre car il s’agit d’un axe conscient.

Le but d’un bilan psycho-généalogique est donc de couper le lien avec l’ancêtre et retrouver son équilibre, son unicité.

Le bilan psycho-généalogique consiste en une analyse de l’arbre, sur 4 générations, et sur un entretien autour des principales étapes de la vie du « patient ».

Il s’agit d’étudier les impacts conscients & inconscients que les générations précédentes ont pu avoir sur nous au travers les différents événements de nos vies :

  • La conception : il s’agit plus que d’un acte d’amour mais il se peut que ce soit un vecteur de solution (chose que les parents n’ont pas pu faire, pas su faire, pas voulu faire …)
  • La grossesse : chaque événement qui a lieu durant cette période peut impacter de manière inconsciente l’enfant.
  • La naissance : la plus grande répétition que l’on peut retrouver dans un noyau familial a lieu lors de la naissance avec le choix du prénom de l’enfant. Il n’est pas forcé d’avoir un même prénom mais seulement une consonance (Marianne –> Ariane).
  • La Fratrie : c’est la découverte de la vie en société. Une fratrie fonctionne comme une micro-société où tout le monde à une place. Il y a une hiérarchie, des rapports de forces et il peut y avoir de la parentification lorsque les aînées s’occupent des plus jeunes.
  • La Puberté : c’est la période qui s’étale de 6 à 13 ans durant laquelle la personne prend conscience de son « sens de la vie », sa vocation. Un déménagement dû à la perte d’un travail provoque des changements la vie de l’enfant et génère des impacts sur son futur.
  • Le Couple : La psychogénéalogie considère qu’il n’y a pas de coup de foudre. Il s’agit de deux arbres qui sont attirés l’un vers l’autre. Nous sommes à la recherche de complémentarité afin de trouver un équilibre. Un enfant unique trouvera son équilibre avec une personne faisant partie d’une fratrie. On parle de creuset alchimique qui se compose des points suivant :
    1. la vraie communication, il faut aller au delà des faits et parler des émotions
    2. la vérité et l’honnêteté
    3. nourrir le sens de la vie de l’autre. Il faut se supporter, s’encourager, être le fan de l’autre (Pascal si tu nous entends)
    4. les fuites (à éviter) qui viennent des mensonges, trahisons, adultères, viol et inceste.

À travers les différentes informations obtenues, l’étude de l’arbre et avec quelques exercices, le psychogénéalogiste dresse un bilan et propose une ou des solutions de guérison.

La guérison

La guérison, s’il y a besoin, s’effectue au travers d’une action symbolique dans un premier temps et d’une action concrète dans un second temps.

L’action symbolique peut être d’écrire une lettre à son ancêtre afin de lui expliquer que malgré tout l’amour que l’on peut avoir pour lui, le lien doit être coupé. Cette lettre peut être brûlée, enterrée ou autre.

L’acte concret quant à lui peut être le fait par exemple de reprendre ou commencer une activité que l’on aurait jamais fait avant à cause de ce lien.

Un exemple concret

Une personne, que nous nommerons Sylvie, s’est rendu chez notre oratrice afin de faire un bilan car elle n’arrive pas à avoir d’enfant. Elle souhaite aborder un second sujet mais ce n’est pas le principal sujet. Elle a une pelade et porte une perruque.

L’entretien a fait ressortir l’existence d’une sœur inconnue de sa grand-mère paternelle (Sylvia) qui aurait eu une relation avec un allemand durant l’occupation et serait tombée enceinte. Elles sont toutes les deux secondes de la fratrie (répétition). Comme vous vous en doutez à la libération tout ne s’est pas bien passé pour Sylvia (répétition). Elle n’aurait pas été tondue (projection) mais ostracisée et plus personne n’aurait entendu parlé d’elle.

Notre chère Sylvie a donc subit de plein fouet la répétition et la projection. Après avoir réalisé l’acte symbolique et l’acte concret, elle est tombée enceinte quelques temps plus tard. Le poids du passé n’étant plus, elle s’est senti plus libre pour enfin avoir un enfant.

Conclusion

Cette présentation fût très intéressante mais je reste quelque peu dubitatif quant à l’apport que cela peut avoir. Je n’ai jamais eu l’occasion de consulter (peut être devrais-je) un psychologue, psychiatre, psychanalyste (rayer les mentions inutiles) mais j’ai du mal à croire qu’à travers des indices généalogiques plus ou moins pertinent et une lettre brûlée mon mal de dos puisse diminuer voir disparaître. Mais bon ce n’est qu’un avis personnel et je ne pense pas que je pourrais le vérifier un jour vu les tarifs.

Et vous, y croyez-vous ? Avez-vous déjà eu l’occasion de faire l’exercice ?

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. jmg013 dit :

    Le scepticisme de votre conclusion est rassurant !

    Aimé par 1 personne

    1. Yann L. dit :

      Je ré-aborde le sujet dans ma lettre V avec un exemple connu de pyschogénéalogie que nous avons abordé lors de cette conférence. Cela ne m’avait pas non plus convaincu.

      Par contre, je conçois que certaine personne puisse y trouver un côté rassurant.

      J'aime

  2. Annick H. dit :

    Merci de m’eclairer sur cette « discipline » car beaucoup en parle, mais peu l’explique. Nos genes ont peut-etre en effet une memoire psychique aussi bien que physique. Mais je suis encore loin d’y croire. Je suis maintenant curieuse de votre article pour V!

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  3. metallo42 dit :

    Oui j’ai eu cette expérience et même plus que ça, puisque j’ai eu une formation de 18 week-end. J’ai du mal à me retrouver dans votre description qui mélange un peu tout de mon point de vue.

    La façon de présenter l’arbre est très personnelle à la personne que vous avez vu. Anne Ancelin schutzenberger et les autres psychogénéalogistes mettent bien les générations comme on a l’habitude en généalogie. la ligne du bas est celle d’une fratrie et non pas d’un de cujus.

    S’il y a bien répétition, projection et identification vos exemple sont mal choisis car vous parlez de transmission intergénérationnelle alors que dans la psychogénéalogie on est dans le transgénérationnel.

    Pour la répétition, il est important de savoir qu’il ne suffit pas d’avoir le même prénom qu’un ancêtre ou la même date de naissance pour qu’on soit relié à cette personne.
    Par rapport au couple, il peut tout à fait y avoir un coup de foudre, je vous conseille de lire le livre de Salomon Sellam « Le sens caché des désordres amoureux ».
    Pour ce qui est de la transmission de génération en génération, les livres de Serge Tisseron sur les secrets de famille ou sur l’analyse à travers Tintin de l’histoire transgénérationnelle d’Hergé.

    Actuellement on attend les avancées sur l’épigénétisme qui pourraient expliquer les transmissions génétiques. Une étude a, par exemple, révélé qu’une femme victime d’un viol, subit une modification épigénétique sur ses gênes et que cette modification peut se retrouver chez sa petite fille.

    Le gros problème de la psychogénéalogie, c’est que n’importe qui peut se donner le titre de psychogénéalogiste et que certains font et disent n’importe quoi.

    Aimé par 1 personne

    1. Yann L. dit :

      Bonjour,

      Oui il est clair que les 2 heures de présentation que j’ai pu avoir ne peuvent pas rentrer dans les détails tel que vous avec 18 week-end. Elle a essayé dans le temps imparti de survoler les points principaux liés à psychogénéalogie.

      Concernant les exemples, j’ai repris ceux qu’elle nous avait fourni. Ce qui drôle c’est qu’elle a bien parlé de la notion « transgénérationnelle ». Les exemples ont peut être trop vulgarisé les points abordés.

      Je ne connaissais pas la notion épigénétisme. Je m’y pencherais à l’occasion.

      En attendant merci pour votre commentaire qui apporte quelques précisions.

      Bonne journée

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