#Challenge AZ – P comme Postillon !

Pour cette nouvelle lettre je reprends l’article que j’avais rédigé lors du généathème du mois de Mars.

 

Nos chers aïeux œuvraient dans des métiers bien différents. Beaucoup de ces derniers ont d’ailleurs maintenant disparus. Parmi les 140 métiers que contient mon arbre, j’ai choisi de vous présenter celui de postillon. Tant certains vieux métiers de part leur nom nous donne une bonne indication quant à la teneur de leur emploi, mais pour le coup que faisait vraiment mon aïeul. Qu’est-ce que cela peut bien être et surtout ai-je bien lu ?

Noël Gernigon

Noël Gernigon est né le 25 décembre 1751 au Lou du Lac (Ille-et-Vilaine), il grandit et se marie avec Jeanne Demay en 1780 à Bédée (Ille-et-Vilaine). Il décédera en 1810 à Montauban de Bretagne (Ille-et-Vilaine). On apprend sur son acte de décès que ce dernier était postillon.

 

Archives d’Ille-et-Vilaine – 10 NUM 35184 520 (Vue 24/40)

Le Postillon !

Postillon vient de poste (dans son sens premier : établissement de chevaux, placé de distance en distance pour le service des voyageurs, et non dans le sens d’une administration de distribution de courrier.
Émile Littré, Dictionnaire de la Langue Française par E. Littré de l’Académie française, Paris, 1873
Wikipédia

À l’instar du cocher, le postillon conduit des hippomobiles. Mais ces deux métiers ne sont pas exactement les mêmes car le cocher lui était installé sur la voiture tandis que le postillon lui se trouvait sur un cheval.

Le métier de postillon est réglementé comme on peut le lire dans « L’État Général des Routes de Poste de l’Empire Français » (Google Livres).

XIII. Tout postillon doit être âgé de seize ans au moins; il doit se faire inscrire au greffe de l’administration municipale, à compter du jour qu’il prend son rang, et adresser au conseil d’administration des postes aux chevaux le certificat de son inscription: le droit à la pension ne courra à l’avenir, pour les postillons qui entreront dans les relais, que du jour de cette inscription.

XXIII. Il est défendu à tout postillon d’exiger aucune rétribution au délà des guides fixés par la loi, d’insulter les voyages ou de leur donner aucun sujet de plainte, sous peine, en cas de récidive, de destitution, sans préjudice des peines qui pourront être infligées par les tribunaux.

Au-delà des règles de comportements et des minimas pour exercer la profession, l’habit du postillon est lui soumis aussi à certaines règles. L’ordonnance du 17 août 1786 de Louis XVI indique que les postillons devront être vêtu comme suit :

Métiers – Services
(Bibliothèque Numérique de Roubaix)

Les vestes des Postillons seront à l’avenir de drap bleu-de-roi, doublure d’étoffe de laine couleur écarlate, collet rabattu & arrondi, de drap écarlate, ainsi que les revers & les paremens, petits bouton blancs, comme ceux des Maîtres de Poste ; ils porteront sur le bras gauche l’écusson aux armes de Sa Majesté ; lequel ecusson, que l’Administration veut bien leur fournir pour cette fois, & dont ils seront chargés de s’entrenir à l’avenir, sera monté sur un bracelet de cuir où sera imprimé le nom de la Poste à laquelle ils seront attachés, ainsi que le numéro de leur rang dans chaque Poste.
Gallica – Postes et messageries — officiers, uniformes (Actes royaux)

Le postillon porte des bottes en cuir bouilli qui lui permette de se protéger en cas de chute (mais qui ne serait pas des plus pratique pour marcher) et possède aussi un cor pour prévenir les relais de son arrivée et de son départ mais cela lui permet aussi d’ouvrir les portes des villes la nuit venue.

Cor Postal (Wikipedia)

Le postillon a pour mission de guider les voyageurs entre les relais de poste (depuis 1506 lorsque Louis XII ne réserva plus le service de Poste aux seules missives royales) et d’acheminer le courrier entre ces mêmes relais. Les relais sont espacés de 4 à 5 lieux (16 à 20 kilomètres) selon la route et les difficultés. Chaque poste met à disposition des cheveux « frais » pour que le postillon puisse continuer sa route. Au début du XIXème siècle, soit à l’époque de Noël, il existe près de 1 400 relais de poste et il y a 16 000 chevaux alloués à ces transports. Moins d’un siècle plus tard, mais après 3 siècles d’existence, les relais de poste font face à l’hégémonie du chemin de fer et ferment définitivement en 1873.

Gravure sur bois relais de Lanois (Wikimedia)

Sources

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